Expo : Au temps de Klimt

Affiche-Au-temps-de-Klimt

Gustav Klimt, figure incontournable de l’Art nouveau à l’aube des années 1900 par son utilisation de feuilles d’or dans ses tableaux au symbolisme puissant, ainsi que de nombreux artistes de renom qui lui furent contemporains sont en ce moment à l’honneur à la Pinacothèque dans une splendide rétrospective.
Près de 200 œuvres (peintures, sculptures, mobiliers, photographies, bijoux…) issues de la période de la Sécession, déclinaison viennoise de l’Art nouveau, y sont exposés pour le plus grand plaisir de nos yeux.

Pour connaître le nom de l’œuvre et de son créateur laissez votre curseur sur l’image.Bosquet de bouleaux-Carl-Moll Autoportrait-haut-de-forme-Josef-Engelhart Vue-de-Paris-Theodor-von-Hormann

Lorsque l’on passe le seuil et pénètre le sas d’entrée de cette exposition à l’ambiance tamisée où chaque œuvre est individuellement éclairée, le silence s’installe. Un silence empli de respect envers ce qui s’apprête à nous être dévoilé.

À l’instar d’une église ou d’un temple dédié à l’art, les Saints et les divinités y sont d’illustres personnages ou de modestes modèles représentés via les multiples formes d’expression artistique offertes à notre regard.
Les visiteurs, soudain en communion avec celles-ci, entament alors une sorte de procession quasi religieuse et calme.

Nu-masculin-Gustav-Klimt Le-Bassin-du-port-Max-Kurzweil Broches-Josef Hoffmann Feu-follet-Gustav-Klimt Madame-Mary-nue-Heinrich-Kuhn Marc-Antoine-Arthur-StrasserPour connaître le nom de l’œuvre et de son créateur laissez votre curseur sur l’image.

Passant avec évidence et simplicité de petits tableaux, à peine plus grands qu’un format A4, aux fresques hautes de plusieurs mètres, on observe avec un réel plaisir la démonstration de ce mouvement artistique, délicat, raffiné, philosophique et mystique, inspiré de la nature et de ses formes arrondies.
Des compositions toujours très maitrisées et équilibrées, aux courbes aussi harmonieuses qu’élégantes, aux lignes fines dépourvues de défauts, se dégage une force saisissante.
Aucun détail ne semble pouvoir être ajouté pour embellir davantage ces œuvres exécutées de main de maître : une sorte d’aboutissement artistique où l’on croirait toucher du doigt ce qui s’apparenterait sans doute le plus à une forme de perfection.

Table-Dr-Rosenfeld-Adolf-Loos Fauteuil-incline-Adolf-Loos

Lors du parcours proposé, nous observons l’évolution des artistes sécessionnistes (en rébellion face aux dictats des arts académiques de leur époque, d’où le nom de « Sécession » ) de la fin XIXe aux balbutiements du XXe siècle à mesure que l’Autriche et sa capitale se développent.

On sollicite le talent et le savoir faire des architectes et des artistes liés à la Sécession pour construire des immeubles bourgeois et des bâtiments officiels à Vienne.

Sont à voir : des croquis d’étude d’architecture ou encore la maquette du palais de la Sécession (lieu d’exposition construit en 1897 et dédié aux œuvres de ce courant artistique) où la magnifique Frise Beethoven de Gustav Klimt fut déployée en 1902, immense et imposante, réinterprétant à sa manière la Neuvième Symphonie du célèbre compositeur allemand mort à Vienne en 1827.

Une reproduction en plusieurs parties très détaillées et à l’échelle réelle s’étend sur les plus hauts et longs murs de la galerie.

Frise Beethoven-Gustav-Klimt Maquette-du-Palais-de-la-Secession

Si Gustav, deuxième d’une fratrie de sept enfants, demeure le plus célèbre de la famille Klimt, il n’en est pas le seul artiste, bien au contraire.

Fils d’un père orfèvre ciseleur, on y découvre les œuvres du frère cadet Ernst, avec lequel Gustav fonda un atelier de décoration en 1880.

Décédé dans la fleur de l’âge à seulement 28 ans en 1892, Ernst laissera derrière lui des tableaux d’une finesse féérique et d’une douceur romantique incroyables. De pures merveilles !

Pan-reconfortant-Psyche-Ernst-Klimt Francesca-da-Rimini-et-Paolo

Gustav se lance alors totalement dans son travail artistique, seule manière pour lui de surmonter la perte incommensurable de son frère.

Dans ses œuvres, les femmes de Gustav Klimt ont cette stature et cette élégance qui n’est pas sans rappeler la prestance qu’avaient certaines cantatrices lyriques de cette période, métier jadis exercé par sa mère.

Judith-Gustav-Klimt

On peut également admirer au cours de l’exposition une œuvre de Georg Klimt, autre frère de la famille à s’illustrer dans le domaine artistique, avec Nymphe et satyre, réalisé sur une plaque de cuivre repoussé d’une noblesse frisant l’excellence.

Attention, cette exposition a le succès qu’elle mérite, et une forte affluence, même les jours en pleine semaine, est à prévoir.
Le parcours, fait de petites salles et de longs corridors adaptés aux formats très variés des tableaux et des œuvres exposées, est agréable, mais certains passages étroits forment des goulots d’étranglement.

Toutefois la satisfaction, l’émerveillement et l’opportunité de pouvoir contempler de tels bijoux d’un temps révolu vaut largement la visite et tous les efforts pour l’arpenter.

Kloé & Sébastien

Au temps de Klimt – La Sécession à Vienne
Actuellement et jusqu’au 21 juin 2015.

Pinacothèque de Paris 
28 Place de la Madeleine – 75008 Paris.
Tél. : 01.42.68.02.01
www.pinacotheque.com

Ouverture : tous les jours de 10h30 à 18h30 sauf le mardi.
Nocturne les mercredis et vendredis jusqu’à 20h30.
Les 1
er janvier, 1er mai, 14 juillet et 25 décembre, le musée est ouvert de 14h à 18h30.

Photos © Pinacothèque de Paris.

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