Le kimono

Voici mon tout 1er article et je ne vous cache pas ma grande émotion.

Pour celui-ci, j’ai choisi de vous parler du Japon vu à travers mes yeux d’Européenne, car tout m’y amène en ce moment. Pour entrer dans cette large thématique et débuter en beauté, je vous propose un sujet sur le kimono

Maiko © Margot Lerondel
Maiko © Margot Lerondel

Comment évoquer le pays du soleil levant sans citer cette pièce rare et élégante, d’une infinie délicatesse et qui revient en vogue au Japon dans sa version très épurée qu’on appelle le yukata ?
Le sujet étant franchement vaste et très pointu, je ne vous livre ici que les grandes lignes pour qu’on le situe un peu dans sa formalité.

Un petit peu d’Histoire et de culture tout d’abord :
Le nom KIMONO vient des mots « kiru » et « mono » qui signifient « chose que l’on porte sur soi ».

Autrefois, le terme kimono désignait tous types de vêtements. Il est utilisé à partir du XVIIIe siècle pour désigner le vêtement traditionnel japonais. Auparavant, on distinguait le kosode aux ouvertures de manches étroites et le ôsode aux manches larges et réservés aux classes dirigeantes. De nos jours, on parle de Kimono comme de la robe de cérémonie.

Le kimono a toujours la même forme rectiligne, taillé dans une seule pièce de tissu mesurant 12 m de long environ. Il descend jusqu’aux pieds ou chevilles alors qu’il est plus long que la femme qui le porte. La taille est adaptée par un pli qui se retrouve caché sous une large ceinture appelée obi. Les manches sont très longues surtout pour les versions du furisode portées par les jeunes femmes. Il se croise toujours coté gauche sur coté droit. Le sens inverse est destiné à la mise en bière des défunts.

Un kimono neuf et de belle fabrication est très onéreux. C’est pour cela qu’il est souvent loué lors des fêtes comme celle du jour des vingt ans « seijin shiki » où les jeunes japonaises portent un furisode pour la photo traditionnelle. Il reste un usage courant auprès des membres de la très grande bourgeoisie qui peuvent se permettre d’offrir les différents kimonos correspondant aux différentes phases de vie et même aux saisons.

Maiko © Margot Lerondel
Maiko © Margot Lerondel

Ces dernières années, un engouement naissant pour les kimonos d’occasion ou la version simplifiée, le yukata, est apparu.

Les premiers kimonos auraient été influencés par les vêtements traditionnels des Hans, connus sous le nom de Hanfu (peuple chinois historique. La dynastie Han date de 206 av. J.C à 220 ap. J.C). Le style du kimono a évolué à travers les siècles et sa forme actuelle n’est apparue qu’au cours de la seconde moitié du XVIe siècle.

Il est très important de choisir le kimono qui convient à la femme qui le porte. Le symbole et la façon de le revêtir comportent des messages sociaux très précis. Une femme choisit son kimono en fonction de son statut marital, son âge et la formalité de l’événement, voire des saisons. Savoir endosser le vêtement traditionnel fait partie de l’éducation d’une femme. De nos jours, elles ont rarement l’occasion de le porter, si bien que l’enseignement de l’art de revêtir le kimono se voit enseigné dans des établissements spécialisés où un diplôme avalisé par les autorités est remis lors d’une fête en l’honneur des lauréates.

 

Les différents kimonos

Kurotomesode : Kimono noir avec des motifs en dessous de la taille. Il est destiné aux femmes mariées. Il est porté aux mariages par les mères des mariés. Il arbore les basons de famille « kamon » au nombre de 5.

Furisode : Il signifie manches flottantes. En effet, les manches d’un furisode mesurent entre 100 et 110 centimètres de long. Il est le kimono le plus adapté aux femmes célibataires (non mariées). Les motifs couvrent le haut et le bas du vêtement. Il est porté lors du « seijin shiki » (cérémonie des 20 ans) ainsi qu’aux mariages par les jeunes femmes de la famille des mariés.

Tomesode : Similaire au Kurotomesode mais de couleur, avec les motifs en dessous de la taille. Il arbore 3 ou 5 kamon (blasons de famille)

Hōmongi : Vêtement de visite. Des motifs continus sur les épaules et les manches ainsi qu’en dessous de la taille. Il est souvent porté par les amies de la mariée lors des cérémonies de mariage. Il peut être porté lors de sorties formelles telles que des galas par les femmes mariées et célibataires.

Tsukesage : Motifs plus modestes et moins continus. Il peut être porté par les femmes mariées ou célibataires.

Iromuji : Kimono d’une seule couleur. Il peut être porté par les femmes mariées ou célibataires. Il est surtout porté lors de la cérémonie du thé, le chanoyu. La soie peut être un jacquard « rinzu » sans motifs colorés.

Komon : Signifiant petit motif, c’est un kimono présentant un motif répétitif. Il est informel et peut être porté en ville ou au restaurant s’il est agrémenté d’un obi (ceinture).

Edo Komon : Les motifs sont formés par de minuscules points. Une technique de teinture qui trouve son origine au temps des samouraï de la période Edo. 

Yukata : Vêtement informel, sans doublure, fait de coton, lin ou chanvre. Ils sont portés l’été, aux festivals, par les femmes, les hommes et les enfants. On en trouve également fournis par les établissements dans les bains chauds « onsen », ils portent alors le nom de yukatabira.

 

Mariage traditionnel © Sébastien Colasse
Mariage traditionnel © Sébastien Colasse

Les accessoires féminins accompagnant le kimono s’élèvent a une dizaine, dont entre autres : les sandales recouvertes de tissu, cuir ou paille tissée « zōri » ; les sandales de bois portées l’été « geta », associées surtout avec des yukata ; les chaussettes jusqu’aux chevilles avec le gros orteil marqué « tabi » ; la veste « haori » qui rend la tenue plus formelle ; et la large et très longue ceinture en tissu, le obi.

Saviez-vous que le obi peut aller de 12 cm jusqu’à 30 cm de largeur ?

Revêtir le kimono de manière élégante n’est pas chose aisée. La démarche à adopter pour accentuer la beauté du port de ce vêtement semble assez ardue et contraignante : éviter les mouvements amples et brusques pour ne pas dénuder les bras et les jambes, contrôler le mouvement des manches, éviter les grands pas et marcher gracieusement avec des sandales… Je pense qu’un apprentissage de la culture et des coutumes japonaises, ainsi que des leçons sur le port du kimono sont nécessaires pour ne pas avoir l’air d’une vulgaire imitation… et ne pas faire honte à sa famille ! T’imagines si tu te casses la figure en plein mariage…

Si vous êtes curieux(ses) d’en savoir plus, ce site d’antiquités du Japon, qui explique vraiment bien les différents kimonos et tout et tout, est fait pour vous.

Dans un second article, ici, je vous parle du kimono version contemporaine, revu et adapté comme accessoire de mode destiné aux occidentales.

Un grand merci à Margot Lerondel ainsi qu’à Sébastien Colasse de m’avoir permis d’illustrer mon article avec leurs photos prises au Japon.

À bientôt.

Kloé

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