L’Inca et le Conquistador : l’exposition

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Si vous êtes trentenaire comme moi, il est probable que vous aussi vous regardiez Les Mystérieuses cités d’or, que vous couriez avec Esteban, Zia et Tao à la recherche des cités incas, que vous rêviez de découvrir les secrets des temples aux marches infinies pointant vers le soleil et que vous trembliez fasse aux conquistadors assoiffés d’or.

Cette nouvelle exposition au Musée du Quai Branly devrait sûrement vous plaire ! Attention, il ne reste que quelques jours pour la découvrir.
Venez, je vous emmène sur les traces de la conquête du pays Inca.

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Les Treize de la Renommée. Juan B. Lepiani. Pérou. 1902.

La visite guidée, lors du Before, m’a permis de mieux appréhender l’exposition sur ces peuples opposés qui, de par leur culture différente, ne pouvaient pas se comprendre. J’ai pu avoir les clefs nécessaires pour aborder la généalogie inca et découvrir cette exposition objective sur la conquête espagnole. Je vous conseille de profiter de ce service lors de votre visite pour tout assimiler facilement de manière plus vivante.

Cette exposition nous raconte la période charnière entre 1527 et 1541 pendant laquelle le peuple inca voit son pays métamorphosé par l’empire espagnol dirigé alors par Charles Quint.
Francisco Pizarro : fils bâtard de petite noblesse espagnole, analphabète, qui cherche gloire et reconnaissance, part en expédition dans le nouveau monde en direction du Mexique… Suite à de nombreux problèmes rencontrés lors de ses 2 premiers voyages, il se lance avec Diego de Almagro dans l’expédition de la dernière chance en direction de l’empire inca, grâce aux conseils du peuple qui lui fait gentiment comprendre que l’or est plus bas dans le pays afin de se débarrasser de lui.
Intelligents ces mexicains !

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Portrait de Francisco Pizarro. Paul Coutan. 1834-1835.

Au delà de la barrière de la langue, les cultures ancrées en chacun sont diamétralement opposées.
Les incas vénèrent le fils du soleil, dans leur civilisation tout se complète comme le soleil et la lune, la terre et le ciel, le chaud et l’humide. Ils suivent leur roi sans sourciller, connaissant sa terrible vengeance en cas d’insubordination, et ne remettent pas en cause sa souveraineté car il est un dieu vivant.
Ils ne connaissent pas le complot, vivent des cultures, et l’or n’est pas une richesse pour eux. Il sert d’apparat, à honorer le soleil auquel il est apparenté, car jaune et brillant.
Leur trésor vient de l’agriculture et de la laine d’alpaga qu’ils tissent avec un savoir faire incroyable. Chaque habitant vit dans une maison, il n’y a pas de pauvre au pays inca.

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Figurines de lama. Pérou 1450-1532. Or, argent, alliage d’argent et de cuivre.

Les Espagnols, qui ont déjà traversé les océans et conquis d’autres pays, vivent depuis toujours de manière différente. L’argent fait loi et la religion catholique règne. La hiérarchie du pays sectorise le peuple, et les classes sociales sont déjà bien en place.

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Armure « maximilienne » et bourguignotte. Milan 1515.

Inca-et-le-Conquistador-11 Inca-et-le-Conquistador-09Demi-armure et bourguignotte. 1515-1520. Arbalète et cranequin 1480-1500. 

Ils arrivent en 1532 sur une terre dirigée par Atahualpa au nord et Huáscar au sud, tous deux fils de Huayna Cápac qui n’a pas eu moins de 500 épouses. Les frères se livrent alors une guerre civile pour le trône, une aubaine pour les conquistadors.
Les autochtones ne se méfient pas d’un si petit nombre d’étrangers et ne voient pas en ces personnages habillés d’armures lourdes et handicapantes une quelconque menace.

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Portrait d’Atahualpa, XIVe Inca. Pérou. XIXe siècle.
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Généalogie des rois incas. Pérou. Début du XIXe siècle.

Les richesses que les latins découvrent sur place sont incroyables, l’or est omniprésent. Voilà la principale raison de Francisco Pizarro de vouloir s’emparer du pouvoir.
S’ensuit alors de nombreuses situations d’incompréhension qui déclenchent et justifient les hostilités.

  • Du côté andin : Le fils du soleil offre la boisson rituelle à Pizarro qui la renverse de crainte d’être empoisonné. C’est un sacrilège envers l’autorité et le pouvoir de l’Inca.
  • Du côté espagnol :  le conquistador tend la bible et explique qu’ils ont le choix entre l’acceptation de la « vraie » religion (catholique) ou la soumission. L’Inca qui ne comprend pas la langue, découvre un objet inconnu qui n’émet aucun son, donc inutile à ses yeux, et le jette au sol.
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Bréviaire en latin. Séville 1525.

L’attaque espagnole arrive sans prévenir et surprend les Incas. Les hommes embusqués dans les maisons autour de la place encerclent le peuple.
Grâce à leurs connaissances des manœuvres militaires, la réussite est totale et Atahualpa, tombé de sa chaise à porteurs, est capturé.

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La capture d’Atahualpa. Juan B. Lepiani. Pérou. Vers 1920-1927.

En échange de sa libération, ce dernier fait remplir des pièces entières d’or et d’argent et n’oublie pas d’ordonner la mort de son frère Huáscar. Atahualpa est alors jugé pour trahison après avoir déplacé son armée et condamné à mort en 1533.
Il accepte d’être baptisé et de subir la mort par garrotage au lieu d’être immoler par le feu sur un bucher, acte qui aurait anéanti toute possibilité de résurrection selon ses croyances.

Pizarro et ses hommes se partagent les richesses, et le conquistador épouse la première femme du défunt pour asseoir son autorité sur le peuple andin.

L’acolyte de Pizarro, Almagro, qui était parti au Chili, prend alors le contrôle de la ville de Cuzco et la guerre entre les deux conquistadors éclate en 1537. Ils seront chacun tués par le clan adverse. Almagro en 1538. Pizarro en 1541.
Lors de la guerre civile de 1537, Manco Inca, mis au pouvoir par les espagnols à Cuzco se révolte et fonde un nouvel et dernier état dirigé par un Inca à Vilcabamba.

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La mort de Pizarro. Ramón Muñîz. 1885.

Le dernier souverain connu est Túpac Amaru, qui sera exécuté en 1572 par les Espagnols, marquant ainsi la toute fin de l’empire inca.

Le corps d’Atahualpa n’a jamais été retrouvé comme une grande partie de l’or qu’il avait pris à son frère Huáscar. Les mystérieuses cités des Andes protègent bien leurs secrets…

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Carte de l’Atlantique. Pierre de Vaulx. 1613.

J’ai vraiment apprécié recevoir des informations de sources andines comme espagnoles, qui apportent aux faits historiques les points de vue complémentaires des deux pays.
120 œuvres sont rassemblées pour découvrir cet évènement majeur qui a chamboulé toute l’histoire du Pérou actuel et créé ce mariage culturel que l’on connait aujourd’hui.

J’espère que vous avez passé un bon voyage historique en ma compagnie.
N’hésitez pas à commenter l’article. Vous le savez, c’est un plaisir de partager tout ceci avec vous et d’avoir vos avis.

Kloé

L’Inca et le Conquistador.  
Du 23 juin au 20 septembre 2015 sur la mezzanine Est.

Musée du Quai Branly 
37 Quai Branly – 75007 Paris. 
Tel : 01.56.61.70.00
contact@quaibranly.fr
www.quaibranly.fr

Photos © Les instantanés de Kloé – Sébastien R./Kloé W.
Remerciements à Pierre Laporte Communication et Frédéric Pillier. 

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