Grand Palais : Hokusai

Hokusai au Grand Palais © Kloé W.

Nous voilà embarqués dans le vaste univers de Katsushika Hokusai grâce aux 500 œuvres réunis au Grand Palais. La plupart de ces peintures, dessins et estampes ne quitteront plus le Japon après l’ouverture du musée qui lui sera dédié et qui ouvrira ses portes en 2016.

Les deux heures que j’avais prévues dans mon planning serré n’était largement pas suffisantes et il a fallu que je me hâte pour en voir un maximum. Quelque peu perturbée, j’ai dévoré des yeux les œuvres pour les mémoriser et les laisser décanter plus tard. C’est frustrant, mais je suis ravie d’avoir eu la chance de voir ça de mes yeux et réaliser ainsi l’immensité du talent de cet artiste intarissable, de découvrir cette prolifération de chefs-d’œuvre, de m’étonner des formats utilisés…
J’ai tendance à rester de longues minutes devant une œuvre en la regardant d’abord dans son ensemble, puis dans les détails qui une fois assemblés font de la peinture, du dessin, une pièce unique. Je suis curieuse et j’ai été comme punie par ce temps restreint. Alors si vous êtes comme moi, prévoyez au moins trois heures de
visite. 

Né en 1760, décédé en 1849, Hokusai ne pensait ne rien avoir accompli de beau jusqu’à ses 70 ans. On comprend mieux sa vision des choses en lisant la préface du Mont Fuji, 1835 :

« À 73 ans, j’ai compris la structure de la nature vraie, animaux, herbes, arbres, oiseaux, poissons et insectes.
À 80 ans, je ferai encore des progrès.
À 90 ans, je pénétrerai le mystère des choses.
À 100 ans, j’atteindrai le degrés de merveille.
À 110 ans, chez moi, soit un point, soit une ligne, tout sera vivant. »

À la fin du XIXe siècle, Félix Bracquemond (artiste français) découvrit le travail
d’Hokusai grâce à un manga, difficilement acquis dans une imprimerie. Ce recueil de dessins de la vie courante a permis de redécouvrir le travail du dessinateur japonais peu considéré dans son pays natal. Les artistes et écrivains français tels qu’Émile
Gallé et Edmond de Goncourt ont permis de lancer l’ère du Japonisme en Europe.

J’ai appris que cet artiste prolifique a changé six fois d’identité artistique, marquant un début et une fin à ses périodes diverses et variées. L’exposition cloisonne ses périodes par salle, permettant de découvrir chronologiquement son évolution et ses sujets du moment. Nous y voyons tout d’abord des portraits de courtisanes et d’acteurs de kabuki. Des scènes de la vie quotidienne comme une magnifique présentation d’un pont le jour d’un feu d’artifice. Des cartes de vœux, fines et très soignées.

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Il passe ensuite par une phase d’illustrations de poèmes et de livres de lecture
Yomihon. Libérant à l’encre de chine, son humour et son inventivité pour ses romans moralisateurs où les intrigues tragiques, épiques et fantastiques prennent vie. Son nom de plume est alors Katsushika Hokusai.

Au bord de l'eau Album de peintures
Sous le nom d’Hokusai Manga et sur plus de 60 ans, il a croqué 3900 dessins divers sur la religion, les légendes, les mœurs urbaines, la faune et la flore. Une véritable encyclopédie de la vie quotidienne à l’époque d’Edo. Un témoignage immense, qui servait de recueil de modèles aux artisans. Vous pouvez consulter les croquis de manière ludique grâce à leur numérisation.

Hokusai Manga 1 Hokusai Manga 2
Quittant le rez-de-chaussée, du haut des escaliers, Daruma nous observe ! Cette reproduction d’un portrait de 18 x 10 mètres fait par Hokusai en 1817 en seulement une demie journée, représente un moine célèbre pour sa synthèse sur le bouddhisme et le taoïsme du Ve siècle.

À l’étage, j’ai pu contempler cette incroyable vue panoramique de la baie d’Edo ! Cette œuvre est très intéressante pour sa technique et ses détails très fins. Une cartographie parmi les six vues qu’il a dessinée au cours de sa vie, qui fait de ce plan une pièce
incroyable quasi vivante.
 La courtisane de haut rang située un plus loin est aussi une merveille.

Hortensias et hirondelles
On arrive alors dans la période Litsu et ses célèbres estampes du monde flottant :
36 vues du Mont Fuji.

Vent du sud ciel clair
Dans une grande salle, toute en longueur, un attroupement me barre la route. Je me faufile, me mets sur la pointe des pieds. Mes pupilles s’élargissent, et je suis aspirée. J’ai l’idée de passer devant et de m’accroupir pour avoir le champ libre.
 Dans le creux d’une vague au large de Kanagawa est là !

Dans le creux d'une vagueImmense par sa réputation, plus modeste par sa taille. Chacun veut la voir, l’observer, la décortiquer du regard. Les esprits s’échauffent. Deux petites vieilles poussent les gens et se plaignent : « Y a trop de monde devant ! Et puis, c’est trop petit. On ne voit rien ! ».
C’est vrai qu’elle attire le public comme un aimant et qu’elle n’est pas bien grande mais juge-t-on un chef d’œuvre à sa taille ? Le tour de force n’est-il pas justement d’arriver à la faire tenir dans cette surface étroite sans qu’elle ne perde de sa puissance ?

Sur ce niveau, j’ai découvert les autres séries qu’il a réalisées, telles que Voyages au fil des cascades des différentes provinces et Mille images sur la mer. La poésie et la finesse de ces représentations m’ont vraiment beaucoup touchées.

Choshi dans la province
Puis vinrent des séries sur le thème du monde animal et végétal ou les sujets religieux. On peut y voir la superbe Bergeronnettes et glycines, Pluviers dans les vagues, Faucon en vol, des kakémonos représentants un Dragon dans les nuées et Tanuki et renard.

Zhong Kui Canard dans le courant Dragon volant Mont Fuji 16-Dragon-dans-les-nuees-1024x711.
L’artiste s’est éteint le 18 avril 1849 à l’âge de 89 ans, proche de la découverte du mystère des choses…

J’espère que tout cela vous donne envie d’y aller. Ne perdez pas de temps, l’exposition se termine le 18 janvier ! Si toutefois cela vous était impossible, pas de panique. Vous pouvez acheter sur le site du Grand Palais le superbe catalogue de l’exposition qui est très complet.

Je remercie chaleureusement l’équipe du Rmn-Gp.

À bientôt.

Kloé

Exposition du 1er octobre 2014 au 18 janvier 2015.
Entrée Clémenceau.

Grand Palais – Galeries Nationales
3, avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris

Téléphone : 01.44.13.17.17
www.grandpalais.fr

Photo d’ouverture © Kloé W.

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2 réflexions au sujet de « Grand Palais : Hokusai »

  1. Coucou Kloé ! Merci de ton commentaire effectivement le premier n’avait pas du passer 😉 Pour les Liebster Awards en fait il n’y a pas de fin ! Tu remplis si tu te fais tagger puis tu tagge à ton tour, et ça dure comme ça jusqu’au moment où les gens auront trop la flemme de le faire 😉 Si ça te tente n’hésite pas à jouer le jeu !
    Bisous, Romane

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