Festival de la BD d’Angoulême 2015

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Jeudi, 6h02, départ gare Montparnasse, les paupières encore un peu collées. Comme trois ans auparavant, je retourne pour une journée à Angoulême en compagnie de mon amoureux, fan comme moi de bandes dessinées et de livres. Après 2h30 de voyage, nous voilà arrivés sous le ciel gris et la grosse pluie angoumoisine. Armés de nos parapluies, nous cherchons à retirer nos billets au niveau du Champs de Mars.

Alors, si comme nous, vous prenez un pass avec la SNCF, pensez bien à retirer vos billets munis d’un code-barres pour le festival avant le jour J chez l’un des partenaires concernés. Sinon, c’est la méga galère car il n’y en a aucun sur place dans la ville… Après la billetterie, on nous envoie à l’office du tourisme, qui lui nous indique une seconde billetterie, puis de nouveau retour à l’office du tourisme pour tenter de décoincer la situation. Impossible de récupérer ces satanés billets…

Pendant que monsieur se démenait à obtenir nos entrées, je suis allée voir les couvertures de Charlie Hebdo, placardées sur les présentoirs des listes électorales. Déjà le concept de coller des dessins caricaturaux d’hommes et de femmes politiques à l’endroit où sont faites leurs campagnes, j’aime le clin d’œil ironique. Personne à l’horizon, je fais le tour et me marre toute seule devant un dessin de Christine
Boutin par Cabu. Il est balèze celui-ci, j’adore ! Je suis abordée par un caméraman
de l’AFP qui me demande si je peux continuer à prendre des photos et me filmer. Apparemment, encore peu de courageux à cette heure-ci ont osé s’approcher et dévoiler leur curiosité. J’ai répondu ensuite à quelques questions devant sa caméra. C’était sympa.

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Bannière-Hôtel-de-ville Affiche_Charlie_Hebdo_1 Affiche_Charlie_Hebdo_2

À force de faire le pied de grue sous la pluie devant le guichet, nous obtenons finalement nos pass grâce à l’un des responsables d’un point de vente (encore merci
à lui). Je regarde ma montre : midi. Oui, oui, midi… Soit 3 heures de perdues qui se sont ressenties sur notre planning déjà serré…

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Little Asia

Comme nous étions à côté de l’Hôtel de ville, superbe bâtiment, ressemblant
davantage à un château qu’à une mairie, nous nous sommes rendus dans cet espace
consacré aux nouveaux talents de la bande dessinée asiatique, tels que ceux de
New Taipei, au style proche du manga sans en être tout à fait. La ville est venue
spécialement pour promouvoir ses auteurs, traitant pour la plupart de la culture
indigène de Taiwan.

Dans cette « bulle », on découvre aussi des artistes de Hong Kong avec plusieurs livres présentant leurs travaux en format « king size » et consultables sur place.
Ou encore d’autres œuvres plus dans l’esprit kawaï (mignon en japonais) et d’ambiance à la Tim Burton.

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Au pays du cerf blanc

Il faut entrer dans la cour de l’Hôtel de ville pour accéder à la tour, vestige du
château d’Angoulême, au sommet de laquelle les planches du dessinateur chinois
Li Zhiwu sont exposées. Un accès par un étroit escalier en colimaçon et pierre de taille nous rappellent qu’à l’époque les gens avaient des pieds minuscules. Une
ascension minutieuse qui s’ouvre sur une salle magnifique au plafond très haut et à la voute splendide. Une grande cheminée, qu’on aimerait voir flamber, nous apporte chaleur et intimité. L’alchimie entre l’encre de Chine mariée à la pierre ancestrale nous emporte dans ce vaste pays d’Extrême-Orient. Un travail aux contrastes marqués par la densité et la force du trait où à lui seul le noir révèle l’intensité d’un blanc immaculé et lumineux. La finesse du travail sur la pierre et les murs m’ont
séduite, et les visages, même bouche close, semblent nous parler.

L’auteur, adorable, était présent et a eu la gentillesse de nous dédicacer l’exemplaire qu’on nous avons acheté. Un volume au format original, plus large que haut.
400 pages de dessins, un seul sur chacune d’elles, content l’histoire de 2 familles chinoises, Blanc & Cerf, bien avant l’arrivée au pouvoir de Mao. Une belle rencontre et un agréable partage malgré la barrière de la langue. Cette petite expo est à ne pas rater !

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Le nouveau monde

Sur le stand des éditions de la cerise, j’ai craqué pour La fille maudite du capitaine pirate de Jeremy A. Bastian. Cet américain de talent, inspiré par Gustave Doré,
Lewis Caroll et Arthur Rackham, nous offre un travail d’orfèvre, exécuté avec une extrême minutie au pinceau ultra fin 002. Les détails sont si foisonnants que l’on peut s’extasier sur 1 cm carré de dessin et y dénicher une histoire dans l’histoire pour qui sait être observateur. Coup de cœur immédiat ! Et une petite dédicace trop mignonne en prime. Merci Mr Bastian ! 🙂

Les éditions de la cerise, maison bordelaise, concoctent des ouvrages soignés, la passion se ressent. Et lorsqu’on évoque avec eux la question (qui tue) de la BD numérique, ils nous font bien comprendre que c’est incompatible avec leur démarche éditoriale. Pour eux, le dessin est imprimé et, qui plus est, sur du beau papier dans des livres qui vivront et vieilliront avec leurs lecteurs dans des bibliothèques. Un savoir faire qui se touche, qui se lit avec les sens en éveil, pas derrière une vitre froide. Pas de soucis à se faire pour l’amoureuse de livres que je suis, ravie d’avoir découvert leurs publications et leurs artistes. Merci à Laura, au passage, pour son accueil. Passionnée par son métier, elle a partagé avec nous conseils, anecdotes et plaisir de la BD. Encore un moment des plus agréables après nos déboires de la matinée.

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Toujours au « nouveau monde » nous avons rencontré plusieurs auteurs, dessinateurs et éditeurs fort intéressants. J’aime les formats spéciaux, allongés, filmés, gaufrés ou parfois étranges et originaux… C’est l’avantage du papier : pouvoir faire de chaque ouvrage un objet différent des autres. Ceux des éditions Marguerite Waknine ont attirés mon attention. Petits, ludiques et recouverts d’un protège cahier, ça donne une touche scolaire et artistique en décalage. Pas de reliure. Des doubles pages facilement manipulables, déplaçables et retirables si l’on veut en accrocher quelques unes. Le coup de production de leurs parutions étant réduit, elles sont proposées à prix modérés entre 7 et 10 euros.
Les dessins médiévaux de François Desprez datant de 1565, déstabilisants et curieux, repartiront chez nous au côté du travail de Jean-Luc Verna, artiste contemporain multi-casquette. Inspiré par le logo de la Paramount, il le détourne, se l’approprie
et le réinvente sans cesse.

Marguerite-Waknine Dédicace-Editions-Marguerite-Waknine

Un petit saut sur le stand d’à côté, Eidola éditions, avec les jolies couvertures de
Lolita HR. Il y a trois ans, on avait lorgné sur cette BD au style manga à l’européenne. Cette fois-ci, on a franchit le pas avec l’achat du tome 1 (4 parus). La scénariste, qui est aussi l’éditrice et la coloriste sur d’autres histoires, nous explique sa découverte par un heureux hasard de son dessinateur espagnol. Une association qui fonctionne à merveille. Elle traduit ses textes pour qu’il les retranscrive en images. C’est frais, futuriste, un peu rebelle et surtout Rock n’ Roll. Je suis contente de l’avoir enfin. J’ai hâte de lire ce récit graphique à la couverture gaufrée.

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On en a profité pour papoter avec quelques collectifs d’artistes des plus amicaux (DIG ou Blend Awake, par exemple). Des jeunes qui unissent leurs talents et leurs créations pour se faire connaître et faire vivre leurs dessins auprès d’un plus large public. Je leur souhaite de percer et d’être édités un jour. Beaucoup le méritent.
L’Institut Pacôme, un autre collectif, aux recueils d’illustrations à l’humour potache et déjanté, m’a fait sourire. Je repars avec des formats bien plus hauts que larges (comme j’aime), avec des histoires tarabiscotées et parfois olé, olé…

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Dédicace-collectif
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Jirô Taniguchi, l’homme qui rêve

Une exposition qui met à l’honneur le travail de ce japonais au trait délicat ouvert sur l’occident. Attaché aux détails et à l’exacte proportion des choses, les dessins qu’il produit sont parfois proches du photoréalisme. À la fois vif et doux dans son rendu, si ses paysages et décors sont sans fantasmagories, il en révèle toutefois la magie. Les visages de ses personnages, très expressifs, parlent d’eux-mêmes.
L’expo divise son travail avec au rez-de-chaussée une partie davantage axée sur le Japon et sa culture, avec un trait plus marqué, des couleurs plus denses pour ses planches amenées à devenir les couvertures des différents tome de ses mangas.
Un travail toujours de précision.

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La seconde partie à l’étage nous dévoile son attirance pour la culture et l’architecture européennes. J’ai été envoutée par son carnet de voyage sur Venise et son ouvrage sur le Louvre. Ses aquarelles m’ont emportée et m’ont donné envie d’être avec chacun de ses personnages, aussi bien en ville, à la montagne, au musée ou encore sur la place Saint Marc de Venise. J’ai revécu mon voyage dans la mythique ville italienne grâce à ses dessins. Je me suis revue sur les canaux et dans les rues pavées sous le bleu du ciel qu’il a si bien su retranscrire. Devant sa représentation de la Victoire de Samothrace et les autres œuvres totalement réalistes du Louvre, on a envie d’en arpenter les couloirs avec ses yeux.
Si vous êtes sur place, ne manqué surtout pas cette exposition qui vaut vraiment le coup d’œil.

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Le monde magique des Moomins

Direction le musée de la bande dessinée pour admirer les dessins préparatoires de ces petits personnages sympathiques à la forme d’hippopotame blanc. Je suis allée découvrir ce vieux conte finlandais par curiosité, motivée par une amie littéralement fan des Moomins. Une petite expo ludique, avec une piste à suivre pour les enfants, des recoins un peu partout derrière de grands voilages et des grands décors imprimés assez impressionnants. On a envie d’aller fouiner, se cacher. Dans le hall d’accueil, il y a un mur d’expression en ardoise avec les Moomins représentés. On peut y dessiner avec les craies mises à disposition. C’est rigolo de voir des Moomins un peu déformés créés par des petits artistes en herbes, qui auront peut être un jour envie de faire des BD. Qui sait ? 😉

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Une histoire de Charlie Hebdo

Juste à coté des Moomins, dans le musée de la bande dessinée, était dédiée à Charlie Hebdo et à ses dessinateurs, morts durant la tuerie du 7 janvier, une exposition de couvertures et dessins du journal. Cet espace, un peu clinique mais apaisant, laissait place au recueillement. Les gens parlaient à voix basse, c’était assez étonnant à constater. Parmi toutes les couvertures regroupées, j’ai découvert des illustrations que je n’avais jamais vues. Je ne suis pas une lectrice assidue de Charlie Hebdo. Je connaissais certaines de leurs caricatures mais sans acheter le journal. Et, il y en a des bien corsées ! Franchement osées, mais drôles. Il faut avoir un peu d’humour quelque fois. Ça permet d’alléger certaines choses de la vie, d’avoir une image différente de notre société. Cette critique sur nous-mêmes et ceux qui nous dirigent, souvent virulente, permet aussi d’ouvrir les yeux sur certaines pratiques dans ce monde, que ce soit politique, religieux ou autre. Qu’on soit d’accord ou pas avec les caricatures de Charlie Hebdo, parfois assez dérangeantes pour certains, il est important de pouvoir conserver notre la liberté d’expression et d’avoir le droit, aussi fragile que légitime, de dire ce que l’on pense.

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Sur un grand mur d’ardoise, on pouvait laisser un petit mot ou un dessin à l’attention de Charlie Hebdo, des victimes, de leur famille ou à propos de la liberté d’expression. Dès le 1er jour de l’expo, le mur était déjà recouvert d’inscriptions et
dessins, symboles de partage, de liberté, de soutien. C’est ce qui m’a le plus touché. C’était beau et fort ! J’ai laissé un petit message, moi aussi, pour dire que je n’oublie pas ce qui s’est passé, que je suis de tout cœur avec les familles des victimes, la rédaction de Charlie Hebdo, la presse, pour leur liberté d’expression et pour le droit de pouvoir dessiner au lieu de se faire flinguer.

Le Grand journal était sur place et a également recueilli mes impressions sur cette exposition hommage. Je ne sais pas si mes réactions seront retenues car j’ai un peu bafouillé, mais je n’ai pas fait de boulettes. C’est déjà ça 😉

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Calvin & Hobbes

Nous avons achevé notre périple par l’expo consacrée à la création de Bill
Watterson, conçue en 1985 et achevée dix ans plus tard. Calvin, petit garçon de 6 ans et son inséparable compagnon, Hobbes, tigre en peluche, vu au travers des yeux du garçonnet comme un véritable tigre et un ami fidèle. Le design épuré digne de ses illustres prédécesseurs tel que Schulz (Peanuts) donne vie à deux des personnages les plus attachants des comics strip américains. Ces deux joyeux lurons ne sont jamais en manque d’idées pour vivre des péripéties aux réflexions toujours pertinentes. Un belle rétrospective, tendre et nostalgique, 20 ans après la parution de la dernière planche.


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19h. Il est déjà l’heure pour nous de prendre le train du retour avec plein de belles images en tête. Le fait d’être allés au festival pour son ouverture en pleine semaine, c’était assez plaisant, car moins de monde que lors de notre précédente excursion dans la ville un week-end. Sans doute que la météo, exécrable, a sa part de responsabilité dans la faible affluence constatée. Un jour supplémentaire n’aurait pas été de trop pour tout voir et en profiter davantage à un rythme plus serein.
Sinon, sur le salon nous avons carrément craqué notre slip… ou plutôt notre porte monnaie, pour être exacts. Mais franchement, aucun regret. Nous repartons avec de beaux et sympathiques ouvrages, avec des anecdotes et des souvenirs sur chacun d’eux. Vivement l’édition 2016, avec une météo plus clémente, on l’espère !

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Kloé & Sébastien

Photos : © Kloé W./Sébastien R.

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