Chappie : Robot sous influences

Chappie-Affiche-France.
Human after all – 
Daft Punk

Le plus réaliste et attendrissant « grille-pain » intelligent (contrairement à ce que suggère l’affiche française ratée ci-dessus…) depuis Numéro 5 dans Short Circuit, Chappie est actuellement en salles.
Marqué dans sa jeunesse par les productions américaines abordant le vaste sujet des machines douées d’entendement, Neill Blomkamp, réalisateur trentenaire né à Johannesburg en 1979, semble également fortement inspiré
par la japanimation des années 80/90.

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Dans un futur imminent, la police de Johannesburg utilise des robots pour lutter contre la criminalité. Leur jeune créateur, qui espère aboutir à une autre utilisation de son travail qu’à des fins policières, rêve d’une intelligence artificielle autonome capable d’apprendre et de ressentir des émotions. Pour tester son programme, il tente de l’implanter dans un robot policier défectueux.

Chappie-Affiche-EspagneAffiche espagnole bien plus originale et réussie

Après ses deux précédents films, Discrit 9 (produit entre autres par Peter Jackson en 2009) et Elysium (2013), Neill Blomkamp poursuit avec Chappie l’exploration des thématiques qui lui sont chères : la criminalité, la violence et la dureté de la vie dans les milieux fortement défavorisés, la répression policière, l’exclusion des êtres différents et le rapport de l’homme à la technologie (souvent mise au service des forces répressives). Les références cinématographiques dans Chappie sont nombreuses et flagrantes jusque dans la conception graphique des machines. On pense immanquablement à RoboCop et son ED-209 ainsi qu’à Short Circuit pour le côté naïf de son héros mécanique.
Pour les questions métaphysiques sur les rapports de l’homme à la machine, du créateur à sa créature : Un robot peut-il éprouver des émotions ? Les machines ont-elles une âme ? Que signifie être vivant et exister ? C’est de toute évidence du côté du Japon et de Ghost in the Shell que s’est tourné le réalisateur, également scénariste. Akira pour son contexte social proche du chaos et Appleseed pour les longues « oreilles-antennes » des robots des forces de l’ordre sont également des sources d’inspiration particulièrement influentes.

Appleseed Vs Chappie Appleseed (animé 1988) © Masamune Shirow – Chappie © Sony PicturesED-209 Vs Orignal Chappie
L’ED-209 dans RoboCop (1987) © MGM – L’Orignal dans Chappie © Sony Pictures

Suite à Elysium et son histoire qui n’était pas sans rappeler le concept de citée paradisiaque inatteignable pour les non fortunés dans Gunnm, autre film d’animation japonais cultissime des années 90, Neill Blomkamp semble donc persister dans son envie d’adapter à sa sauce et en live, à grands renforts d’effets spéciaux numériques ultra réalistes et des intégrations qui frisent la perfection, les productions qui ont nourri son imaginaire depuis plusieurs décennies. Ce sera d’ailleurs une nouvelle fois le cas avec son projet lancé il y a peu d’une suite à la saga Alien et sa mythique créature extra-terrestre.

Chappie-02

Outre l’émouvant robot, la révélation de Chappie n’est pas l’une des têtes d’affiche. Les célébrités comme Sigourney Weaver (que le réalisateur retrouvera sur le tournage de son futur Alien) ou Hugh Jackman – tous deux plutôt justes au demeurant – servent davantage de faire-valoir ou de label « good movie with stars inside » à destination d’un public en demande de sommités cinématographiques pour se déplacer dans les salles obscures… La surprise vient en réalité des deux « parents adoptifs » de Chappie. Interprétés par Ninja et Yo-landi Visser, les deux membres totalement fantasques et exubérants du groupe de rap électro sud-africain Die Antwoord (Ugly Boy), ils signent d’ailleurs plusieurs titres pour la BO du film.

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Si les sujets évoqués par Neill Blomkamp ne datent pas d’hier, son sens du détail et son perfectionnisme se ressentent à l’écran et servent sur un plateau d’argent aux réfractaires de l’animation ou les non initiés les multiples questions philosophiques jadis soulevées dans les productions animées nippones. Et l’on se prend alors à rêver d’adaptation réussies pour les plus grandes et spectaculaires d’entre elles. Peut-être un jour au cinéma plus rapidement qu’on ne le croit… 😉

Sébastien

Chappie-01

Pour la petite anecdote bonus, la société Tetravaal qui fabrique les robots dans le film tire son nom du court métrage du réalisateur Treta Vaal (2004) dans lequel des policiers mécaniques se déplaçaient déjà, dix ans avant Chappie, dans le ghetto de Johannesburg. Vous noterez la ressemblance frappante entre les deux machines.

Chappie
Actuellement en salles

Images : © Sony Pictures Releasing France

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2 réflexions au sujet de « Chappie : Robot sous influences »

  1. J’ai trop hate de le voir !Pour ma part, j’ai adoré District 9 et Elysium et je suis pressé de voir ce que donne Yo-landi et Ninja à l’écran *o*

    1. Content que tu aies envie de voir le film 🙂 N’hésite pas à nous dire ce que tu en as pensé après l’avoir vu. Et merci pour ton com. Bon dimanche 😉

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